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Monseigneur Pierre d'Ornellas préside le groupe de travail des évêques sur la bioéthique. On veut absolument procréer puisque la science le permet... Oui, c'est une tentation. Je suis pour une science audacieuse où dialoguent les compétences et qui soit modeste dans ses conclusions et respectueuse des droits authentiques de chacun.
Le désir de donner la vie est louable et ne pas pouvoir l'accomplir est une grande souffrance. Mais ce désir ne risque-t-il pas d'être instrumentalisé s'il ne rencontre pas le respect de l'enfant et de ses droits ? Défendre les droits en Chine nous oblige à être lucides sur nos propres tentations.
Le conseil des ministres du 16 juillet s'est penché sur la révision de la loi de bioéthique. Nous venons d'évoquer un de ses aspects. Mais il y a aussi la recherche sur l'embryon ou le prélèvement et la greffe d'organes, de tissus et de cellules... Comment l'Église aborde-t-elle ces sujets ?
Ces sujets sont complexes. Nous sommes devant des enjeux graves et aussi devant des souffrances. Des espoirs thérapeutiques existent, mais les résultats scientifiques sont encore fragiles. Par exemple, la recherche sur les cellules embryonnaires, selon des scientifiques, est encore devant une « terra incognita ».
En tout cas, l'Église réfléchit beaucoup et depuis plusieurs années sur ces sujets. Le don de cellules pose des questions spécifiques, mais l'Église encourage le don d'organes qui est un acte gratuit de générosité pour un frère en humanité. Elle ne cesse d'affirmer que l'embryon humain doit être considéré dès le début de son existence comme une personne.
Vous savez que les Évêques de France ont créé un groupe de travail. Ils souhaitent un vrai dialogue où chacun progresse dans l'écoute de l'autre. Écouter, en premier lieu, les personnes concernées, mais aussi tous les acteurs en bioéthique. Ce dialogue doit permettre des questions du genre : où sont les raisons sérieuses pour traiter l'embryon humain autrement qu'en être humain ? La France s'honorerait d'un tel dialogue qui, s'il est mené sans pressions, est source de sagesse et permet de justes décisions pour le bien de tous.
Monseigneur, l'Église était engagée, cet été, en Australie, avec les JMJ, mais quelle part prend-t-elle dans le débat à propos des Jeux Olympiques, à Pékin ?
Pour les JO de Pékin, espérons que les valeurs de dépassement et de loyauté, propres au sport, développeront des relations d'amitié au-delà des frontières. Vis-à-vis de la Chine, l'Église est, vous le savez, dans une situation délicate. Mais elle est engagée de façon forte pour promouvoir la liberté de religion, de conscience et d'expression. Habituellement, l'Église locale est présente aux sportifs qui souhaitent prier ou vivre leur foi durant les JO. Cela sera-t-il possible à Pékin ?
Recueilli par
Édouard MARET.