Un viaduc à péage sur la Rance d'ici à 2015
Ras-le-bol des ralentisseurs ?
L’eau, trop chère à Saint-Malo ?
Qu'attendez-vous d'une nouvelle piscine d'agglomération ?
Baby-sitting


















Le service est doté de 21 lits de réanimation chirurgicale. Environ un quart de la capacité est réservé à la traumatologie routière ou l'accidentologie du travail. Nous recevons des traumatisés lourds d'Ille-et-Vilaine et des départements voisins. Le service est un centre de référence, car il est capable 24 heures sur 24 de prendre en charge tous les accidentés grâce à un plateau technique complet.
Nous sommes équipés pour faire face à toutes les situations. On reçoit ici entre 200 et 300 traumatisés lourds par an. Actuellement, six patients sont en soins. Quatre d'entre eux sont traumatisés crâniens, les deux autres sont touchés à la colonne vertébrale.
Vous êtes ancien dans le métier, pouvez-vous encore être ému par la victime d'un accident ?
Ce qui est frappant ici, c'est le nombre de traumatisés jeunes. Les soignants n'arrivent pas à s'y faire. On a l'impression que les jeunes paient le plus lourd tribut aux accidents de la route. Les chiffres sont en baisse partout, sauf pour eux. La traumatologie des jeunes est plus nocturne. Elle se manifeste davantage le week-end. On constate aussi que bon nombre d'accidentés ont été éjectés. Ils n'avaient donc pas attaché leur ceinture.
Images impossiblesà oublier
Bien sûr, il y a des images que nous ne pourrons jamais oublier. Je garde en mémoire l'image d'un enfant d'une dizaine d'années. Il avait une lésion à la colonne vertébrale. Il pouvait seulement se servir de ses yeux et de sa bouche. Tous les jours, il nous a donné une leçon de vie. Nous ne sommes pas blindés. Le service s'est doté d'une psychologue qui intervient au service des patients, des familles mais aussi de toute l'équipe soignante.
Vous êtes médecin dans le service depuis trente ans, comment a évolué l'accidentologie routière ces dernières années ?
Je ferai une distinction entre les quatre roues et les deux roues. En vingt ans, les voitures ont fait d'énormes progrès. Dans le domaine technique, on a vu apparaître les airbags, les ABS. Elles freinent mieux. Les colonnes de direction ont été améliorées. Les campagnes de prévention et de répression, avec la multiplication des radars, ont donné des résultats. Le nombre de tués a été divisé par quatre.
Pour les deux roues, je ne note pas d'amélioration. Pour des raisons évidentes, les motards sont plus exposés. Même à vitesse réduite, un choc peut produire des dégâts irréversibles. C'est ce que j'appelle le traumatisme de décélération. Le risque de handicap majeur est lié à une atteinte du cerveau et de la colonne vertébrale. Le cerveau est protégé par la boîte crânienne et éventuellement par un casque. Mais quand il est ballotté dans tous les sens, on peut craindre des lésions.
Où peut-on encore faire un effort en matière de sécurité routière ?
Question vitesse, on a fait ce qu'il fallait. Ce n'est pas le point le plus important. Pareil pour les routes. Le réseau est en bon état, les points noirs ont été gommés. Ce qui est en jeu maintenant, c'est le comportement humain. Je note que beaucoup d'accidents ont un lien avec la consommation d'alcool et de stupéfiants.
Alcool et cannabisen hausse
Depuis quatre-cinq ans, on voit qu'un virage a été pris. L'alcool associé au cannabis, c'est cinq fois plus de risques d'accident. Pour nous, c'est un vrai drame. A l'autre bout de la chaîne, on voit des personnes âgées qui cumulent des médicaments, dont des psychotropes. La Bretagne est championne pour leur consommation. Le permis n'est jamais remis en cause, ce n'est pas normal. Il y a un contrôle technique pour les voitures. Pourquoi pas aussi pour les conducteurs ?
Mais comment faire passer les bons messages ?
Pour agir sur les comportements, il faut s'y prendre tôt. On ne peut pas se comporter en censeur ou donneur de leçons de morale, on voit bien que ça ne marche pas. La meilleure solution, face à l'alcool et au cannabis, serait de développer l'éducation sanitaire dès le collège. Il faut apprendre aux jeunes à prendre soin de leur corps, et pas seulement pour éviter les accidents de la route. On doit leur faire comprendre que la consommation festive de produits stupéfiants aura de toute manière des conséquences sur leur santé.
Recueilli par
Alain THOMAS.