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Formé avec l'Office national des forêts, Damien se lance dans la sylviculture à 24 ans. Un métier peu connu du grand public, surtout en Bretagne l'un des régions les moins boisées de France. Exit l'image rustique du bûcheron. Aujourd'hui, ces gestionnaires de forêt mesurent, calculent et déchiffrent les données scientifiques. « Climat, nature du sol, gestion de l'eau, biodiversité, historique de la forêt... C'est analysé afin d'optimiser telle ou telle essence d'arbre », rapporte le jeune professionnel qui ne sort les outils contendants qu'après diagnostic (replantation, taille de formation, éclaircie de peuplement, etc.)
Les arbres s'étouffententre eux
Ainsi la coupe d'un arbre à la tronçonneuse, souvent perçue comme une agression, relève en fait de la préservation de la nature. « Un peuplement trop dense fragilise les parcelles. Dans le cycle de la forêt existe une phase naturelle de déclin, où les arbres s'étouffent entre eux. À terme, un gros coup de vent suffit à les faire tomber tels des dominos ». Les travaux sylvicoles servent aussi à l'entretien des chemins de randonnée, bordures de champs et renforcent la protection contre les incendies.
Une idée récente, la gestion des forêts ? Déjà en 1291, Philippe le Bel créait l'Administration des eaux et des forêts. C'est Colbert qui cependant imposa dès 1661 la véritable réforme des forêts. L'objectif était alors d'accroître la production de bois nécessaire à la Marine Royale, pour fabriquer des bateaux.
Ressources futures
Depuis l'époque de Louis XIV, le principe de la sylviculture n'a que peu varié : « Subvenir aux besoins présents, sans compromettre les ressources futures. L'étape ultime étant la récolte du bois », explique le professionnel en écologiste lucide.
Selon la qualité des parcelles, son travail et celui de ses collègues génèrent le bois d'oeuvre (partie la plus noble réservée aux meubles, charpentes, etc.), le bois d'industrie (utilisé pour les panneaux de particule, la pâte à papier, les emballages, etc.) et enfin le bois de chauffage. Un circuit économique, amorce de la filière bois, sur lequel veille le sylviculteur. Patiemment. « Je récolte des arbres plantés par les arrière-arrière-grands-parents... Et je plante aussi pour que nos arrière-arrière-petits-enfants les récoltent à leur tour ».
Pratique. Contact. Tyro Sylviculture, 25, rue du Ponan, à Saint-Malo. Tél. 06 77 69 42 30.