Embarquez pour le musée de la batellerie à Redon
Au musée de la batellerie de l'Ouest, à Redon, le responsable Charly Bayou, fait découvrir avec passion cette histoire fantastique de la construction des canaux et de la vie des mariniers. :
C'est un musée qu'on visite sans se presser, l'esprit en vadrouille, plongée dans l'histoire des canaux de Bretagne.Un petit musée encore à l'abri de notre siècle de vitesse.
C'est dans une ancienne usine en face du bassin à flot du port de Redon que se trouve le musée de la batellerie de l'Ouest. À une centaine de mètres à peine, l'Oust se jette dans la Vilaine. « Nous sommes au carrefour des voies navigables de l'Ouest, un passage obligatoire pour tous les mariniers autrefois », signale, tout sourire, le responsable du musée, Charly Bayou.
D'emblée, il précise qu'il y a bien longtemps que plus aucun batelier n'emprunte les canaux de Bretagne. « L'activité a cessé en décembre 1977 sur le canal de Nantes à Brest avec Emmanuel Debrée et son bateau Mistral. » Aujourd'hui, les chemins de halage (« dont il convient de marquer l'h initial, comme si le souffle chassé de la poitrine aidait à la traction du bateau ») ont été rendus aux promeneurs, qui y musardent avec lenteur, en pied de nez à la vitesse. Mais qui sait qu'il a fallu des litres et des litres de sueur pour creuser les canaux, « presque de quoi les remplir » ?
Une merveille du monde ignorée
À lui seul, le plus fameux, le canal de Nantes à Brest, long de 360 kilomètres, a nécessité l'équivalent en matériaux de la pyramide de Kheops « pour construire ses 236 écluses, pertuis, déversoirs, débarcadères, maisons, arches, marinières, aqueducs, contreforts, digues... » Une merveille du monde ignorée.
D'abord pensé au XVIIe siècle par François Joseph De Kersauson pour ramener des marchandises à l'intérieur de la Bretagne, il sera finalement construit au XIXe siècle pour relier la Loire aux arsenaux bretons et acheminer à Brest les énormes quantités de bois nécessaires à la construction de vaisseaux de guerre. Il faudra 70 ans pour en achever la réalisation.
Dès lors, ses huit rivières aménagées seront « la ligne de vie creusée dans la paume calleuse de la Bretagne » pour des centaines de mariniers, « ces gens du voyage de l'eau ». Ils remontent ou descendent le canal, faisant tirer leurs lourdes embarcations par des chevaux ou des hommes, quand ils n'emploient pas la bourde, « cette longue perche harassante, qu'il fallait soulever entre chaque poussée ». Et il ne faut pas croire qu'un canal est tout plat : « Entre Rohan et Pontivy, on monte de 129 m d'altitude. »
Traction, construction, embarcation, vie quotidienne des mariniers... C'est ce que propose de découvrir le musée de la batellerie de l'Ouest, avec des bateaux, un film, de nombreux objets, maquettes, photographies, documents d'époque... À découvrir, au coeur de l'été, au rythme des canaux, soit « 6 km/h avec un moteur, 2 km/h lorsque le bateau est tiré par un cheval ».
Yann-Armel HUET.
Pratique. Musée de la batellerie de l'Ouest, 12, quai Jean Bart, en face du bassin à flot dans le port de Redon. Ouvert tous les jours jusqu'au 15 septembre, de 10 h à 12 h et de 15 h à 18 h. Visite de groupe sur rendez-vous. Renseignements au 02 99 72 30 95. Émail : musee@mairie-redon.fr. Internet : www.tourisme-pays-redon.com
Ouest-France