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Yann L'Arvor en compagnie de sa femme Josette. : Ouest-FranceUn pavillon des années 1950, à Noisy-le-Grand. « Routes et immeubles ont remplacé les champs », soupire la comtesse Joséphine B. Borjia-Busset, dite « Josette », en se dirigeant vers le salon d'où elle appelle son mari. Yann L'Arvor, alias « Monsieur Univers 1959 », fait son entrée à petits pas, cheveux en bataille : il passe désormais tout son temps dans son atelier et couvre les murs du salon de copies non conformes de Velasquez, Goya et autres maîtres de cet ancien étudiant des Beaux-Arts.
À plus de 70 ans, ses jambes le font souffrir, mais son torse et ses bras sont encore puissants et témoignent du temps où, sous la direction de Sergio Leone, il interprétait Mahor dans Le colosse de Rhodes (1960). Son titre de Monsieur Univers, préparé dans la salle de sports de l'université en compagnie d'amis américains, lui a ouvert les portes des gens de cinéma.
Sur les tournages (il a doublé Tony Curtis dans Les Vikings, de Richard Fleischer), dans les soirées privées, sur les terrasses de Saint-Germain-des-Prés, Yann L'Arvor a fréquenté les plus grands de son temps : un verre avec Marylin Monroe, peu avant sa mort ; une accolade de Louis de Funès ; une séance photo en compagnie de Claude François.
« Johnny Hallyday me demandait des autographes ; Alain Delon m'enviait ma silhouette et fréquentait les salles de culture physique ; quai Malaquais, j'étais l'idole du jeune Schwarzenegger, énumère sans se lasser le « marquis de Saint-Malo » (son grand-père, riche armateur malouin possédait des châteaux). Belmondo faisait aussi partie de mes admirateurs, comme Gabin ou Jean Marais. » Ce dernier, Yann L'Arvor l'appréciait, mais prenait bien soin d'éviter les tête-à-tête : « J'aime trop les femmes ! » Et d'enchaîner sur Brigitte Bardot, - « encore une admiratrice » - Anita Ekberg ou la voluptueuse Gina Lollobrigida : « Ah ! Gina ! »
L'ancien Hercule qui fut promené à Marseille sur un char, pourrait passer des heures à raconter sa vie de cinéma. « Je l'ai vécue comme un rêve. » Restent les nombreuses photos qui ornent les murs du pavillon, cerné par les immeubles et la vie moderne. Indifférents aux souvenirs de Yann L'Arvor.
Hélène PERRAUDEAU.