Football : Déjà des questions pour le Stade Rennais
Carlos Bocanegra, arrivé cet été en provenance de Fulham, ne s'est pas encore posé comme un leader incontestable en défense.
Ligue 1. Grenoble - Rennes, aujourd'hui (16 h). Fragilisé par la défaite à Stabaek, mercredi, le groupe rouge et noir dispute son premier match à l'extérieur de la saison chez le promu grenoblois. Danger en perspective.
QUELLE EQUIPE CONTRE GRENOBLE ? Contre Marseille, puis contre Stabaek, Guy Lacombe a pu constater des défaillances collectives et individuelles flagrantes. Une ossature de base se dégage déjà. Elle se compose de Douchez, Fanni, Hansson, Bocanegra, Lemoine, Thomert, Pagis, et Leroy. C'est autour de ces huit joueurs que l'entraîneur rennais devrait bâtir son équipe, aujourd'hui. Seuls Douchez et Bocanegra, arrivés en juillet, n'étaient pas déjà des titulaires en fin de saison dernière.
Reste, à l'heure actuelle, quelques interrogations. Sur le poste de latéral gauche d'abord. Fanni avait commencé contre Marseille, Dembélé a pris le relais contre Stabaek. Aucun des deux, à un poste qui n'est pas leur, n'ont vraiment convaincu.
Ensuite, au milieu de terrain, la doublette Lemoine-Cheyrou avait montré une vraie complémentarité contre Marseille. Lemoine au repos, la titularisation de Mangane au côté de Cheyrou s'est avérée moins concluante, car manquant de repères. En l'absence de Stéphane Mbia, Guy Lacombe possède trois possibilités d'association. Un tandem Lemoine-Mangane n'est, cette fois-ci, pas à exclure.
Enfin à la pointe de l'attaque. Gyan a été recruté pour être un buteur. En l'absence de Briand, le Ghanéen a été titularisé très vite. Il est encore loin sur le plan physique, et, du coup, ses deux mi-temps jouées ont été très moyennes. Moussa Sow, déjà meilleur buteur des matches amicaux, s'est montré très en forme en Norvège. Il devrait avoir sa chance.
QUELLE FORME PHYSIQUE ? « Des trois matches de la semaine, celui contre Grenoble sera le plus compliqué physiquement », annonçait Guy Lacombe, mercredi. Du coup, pour préserver un peu ses joueurs clés (Lemoine, Pagis, Leroy), le coach rennais les a épargnés au maximum contre Stabaek. Le sort de la rencontre l'a obligé à modifier ses plans, mais ces trois-là ne devraient pas avoir trop pioché dans leurs réserves. En revenant directement à Grenoble depuis la Norvège, les Rennais ont aussi évité un voyage supplémentaire en échange d'une mise au vert de 48 heures. La fraîcheur physique des Rennais sera l'une des clés de la rencontre.
QUEL ADVERSAIRE ? Le promu grenoblois a offert la plus grosse sensation de la première journée en allant battre Sochaux sur son terrain dans les dernières minutes. En alignant huit joueurs de plus de trente ans sur la feuille de match, dont sept titulaires, l'équipe des papys grenoblois apparaît expérimentée, mais on peut légitimement s'interroger sur la durée. Reste qu'avec un tel début de saison, l'escouade de Mécha Bazdarevic a engrangé une bonne dose de confiance.
QUEL MOREIRA ? Après deux ans de disette sous le maillot rennais, Daniel Moreira, prêté à Grenoble, a vaincu le signe indien dès son premier match en donnant la victoire à son équipe à la 89e minute. Une victoire sur lui-même, surtout, que l'ancien Toulousain a célébré avec un manque d'humilité et une suffisance déplacés. Dans la semaine, multipliant les interventions dans les médias, il a usé d'un ton revanchard en réglant ses comptes avec Pierre Dréossi, Guy Lacombe, la presse régionale bretonne, et le Stade Rennais en général, auquel il appartient encore, du reste. Daniel Moreira a souvent manqué de lucidité sur lui-même et sur son niveau. Il n'en demeure pas moins qu'animé par des sentiments, même aussi peu nobles, il pourrait être le principal danger offensif des Isérois.
Jacques GUYADER.
Ouest-France