Football : Jimmy Briand résolument tourné vers l'avenir
Jimmy Briand : « Aujourd'hui, je me suis fait une raison et je me dis que c'était sûrement mon destin (de rester à Rennes). Si j'avais été à Paris, je ne serais peut-être pas en équipe de France en ce moment... » : Philippe Renault
Équipe de France. Appelé pour suppléer Ben Arfa, le Rennais s'est fondu avec plaisir dans le cadre des Bleus après son début de saison agité.
CLAIREFONTAINE (de notre envoyé spécial). Jimmy Briand a manqué les cinq premiers matchs de la saison du Stade Rennais et fait son retour contre Lille le 25 août seulement. Mais il n'a pas perdu en route son crédit auprès de Raymond Domenech qui voit toujours en lui un attaquant de grand avenir, préféré à Sinama-Pongole, Rémy ou Gomis pour remplacer le Marseillais Ben Arfa et préparer les matches contre l'Autriche et la Serbie.
Jimmy, quand vous a-t-on appelé pour rejoindre les Bleus ?
Lundi soir... Je n'étais pas loin puisqu'en congé à Paris, mais j'ai dû repasser par Rennes pour prendre mes affaires et je n'ai donc rejoint Clairefontaine que mardi matin.
Cela a-t-il été une surprise pour vous ?
Oui, car j'ai repris depuis très peu de temps et donc ma saison ne fait que débuter. Je n'avais pas de nouvelles de l'équipe de France, mais j'ai toujours fait partie du groupe élargi la saison dernière, il y avait donc toujours une possibilité que je sois appelé, car je sais que le coach a confiance en moi. Physiquement, j'ai très bien rattrapé mon retard de préparation, j'ai aujourd'hui les jambes pour faire ce que je sais faire.
L'affaire du transfert manqué au PSG est oubliée ?
Oui. La preuve c'est que j'ai repris avec Rennes depuis trois matchs, même si cela n'a pas été facile. Aujourd'hui, je me suis fait une raison et je me dis que c'était sûrement mon destin. Si j'avais été à Paris, je ne serais peut-être pas en équipe de France en ce moment... Evidemment, on n'oublie pas tout comme ça, mais je ne suis pas du genre à gamberger. C'est le passé et aujourd'hui je me tourne vers l'avenir, pour faire une belle saison avec Rennes.
« Ce qui est arrivé à David Sommeil m'a bouleversé »
Sort-on vraiment indemne d'une telle histoire ?
Bien sûr que cela restera un regret de ne pas avoir signé à Paris. Mais je me concentre sur ma saison à Rennes désormais. C'est le jeu des transferts et des négociations. L'affaire est close. Cela va peut-être me permettre de subir plus de choses maintenant.
Vous étiez vraiment prêt à arrêter carrément le foot ?
J'avais dit ça, mais cela a été mal compris, c'est avec Rennes que je ne voulais plus jouer... Et puis il y a eu l'accident cardiaque de David Sommeil qui m'a complètement bouleversé, parce que je le connais, on s'est croisé en vacances plusieurs fois... Vraiment, ça m'a touché : je me suis dit que c'était trop bête de bouder comme cela alors qu'il y a des gens qui sont dans des situations beaucoup plus dramatiques que la mienne. Cela m'a fait réfléchir, remis les idées en place et permis de relativiser. J'ai donc décidé de recommencer à jouer.
Vous portez le n° 19 chez les Bleus...
Comme à Rennes ! Mais sans l'avoir choisi.
En attaque, il y a Benzema, Henry et Anelka... Les places sont chères, même sur le banc. Faire partie des 18 joueurs qui seront sur la feuille de match samedi est-il votre premier objectif ?
Je ferai du mieux possible, même si mon rôle est d'entraîner ceux qui sont là. J'ai l'expérience des A'(deux matches en février et mars dernier) qui m'a permis de côtoyer tous ces joueurs, c'est ça pour moi faire partie du groupe France. Les choses viendront naturellement ensuite.
De qui vous sentez-vous le plus proche chez les Bleus ?
Je suis bien avec tout le monde. J'ai revu Yoann Gourcuff avec plaisir. Je suis souvent avec Steve Mandanda et Rod Fanni avec qui je partage ma chambre à Clairefontaine
Justement, avec Rod Fanni, vous êtes deux Rennais ensemble chez les Bleus, ce qui n'était plus arrivé depuis plus de 40 ans. C'est une fierté ?
Oui. Cela prouve que le club progresse aussi. Il joue régulièrement le haut du championnat, la Coupe d'Europe...
Avec le championnat, l'UEFA et éventuellement les Bleus, ne redoutez-vous pas l'accumulation des matchs en septembre ?
Non. J'ai déjà eu ce rythme la saison dernière et cela s'était bien passé pour moi, sans blessure.
Recueilli par
Jérôme BERGOT.
(1) Le 22 mars 1967, Louis Cardiet et Jean-Claude Lavaud étaient les deux latéraux de l'équipe de France face à la Roumanie.
Ouest-France