Football : Le Tavriya Simferopol fera souffrir Rennes
Vidas Alunderis est le leader défensif de Simferopol. Très bon de la tête, il peut également assurer un apport offensif. En Ukraine, le danger viendra de partout. Photo : David Ademas
Un but d'avance, c'est bien le minimum avant de se frotter à une équipe ukrainienne très solide. Les leçons du match aller serviront.
UN DOUBLE TRIDENT. Une des caractéristiques de Simferopol est d'appuyer son organisation de jeu sur deux « tridents ». Même si la formule peut évoluer à domicile, où les Ukrainiens devront prendre plus de risques pour remonter leur retard d'un but, le Tavriya misera certainement sur un schéma proche de celui qu'il a utilisé à Rennes. Offensivement, sa percussion repose sur le trio Homenyuk - Idahor et Gigiadze. Capitaine de l'équipe, le premier nommé possède une redoutable pointe de vitesse. En ce sens, il est mieux que le Stade n'ait pas à lui livrer trop d'espaces... Même s'il s'est éteint en deuxième mi-temps, le Nigérian Idahor dispose d'un bagage technique très au-dessus de la moyenne et constituera un danger permanent. Beaucoup plus pauvre techniquement, le chauve Gigiadze (touché samedi et remplacé par Kovpak) est un modèle de générosité et assure un pressing incessant. Les trois hommes permutent sans cesse. Défensivement, autour de Vidas Alunderis, véritable travailleur de force de la défense centrale (excellent de la tête), deux hommes se chargent de fermer le passage dans l'axe. À Rennes, Nazarov et Galiuza n'avaient pas souvent permis à Pagis (suivi aussi par Hajduczek) et à Sow de respirer.
MARQUAGE INDIVIDUEL. Alors que le marquage individuel a pratiquement disparu des schémas de jeu occidentaux, le Tavriya conserve cette particularité. Au Stade de la Route-de-Lorient, les Rennais ont ainsi pu s'étonner de se retrouver avec quelques « pots de colle » accrochés aux crampons. Zeljko Ljubenovic (excellent milieu de terrain) n'a pratiquement jamais lâché Fabien Lemoine. De même, deux des trois défenseurs axiaux (Galiuza et Nazarov) ont pour mission de ne pas céder un pouce de terrain aux attaquants. À retenir par ailleurs, la grosse présence défensive (et offensive) du petit latéral Denys Golaydo dans le couloir gauche... Il n'a peur de rien et de personne et jouit, à l'inverse de certains de ses partenaires, d'une très grande liberté d'action.« L'entraîneur de Simferopol fait évoluer son équipe en individuel avec une notion de couverture particulière. C'est quelque chose qu'on ne connaît pas beaucoup en France et, à l'aller, l'adaptation a été difficile pour nous d'autant que les Ukrainiens possédaient de l'avance sur nous, sur le plan physique »,souligne Guy Lacombe.
FOMENKO ET UN PUBLIC CHAUD. « Comment allons-nous gérer ce match retour ? C'est un secret de fabrique. Vous verrez bien... »Légitimement déçu d'avoir concédé un but si important dans le temps additionnel, Mykhaylo Fomenko aurait certainement préféré débuter ce match retour dans les mêmes conditions que face à Tiraspol (0-0 en Moldavie, 3-1 au retour) au 2e tour... L'énigmatique entraîneur ukrainien n'a cependant pas manqué d'observer certains défauts de la cuirasse rennaise. Mécontent d'une décision d'arbitrage qui accéléra la défaite de son équipe, il a plus d'un tour dans son sac pour rendre la vie très, très dure aux Bretons. Même s'il doit terriblement regretter que ce but de retard réduise considérablement les espaces pour ses attaquants, Fomenko dispose encore d'un atout majeur. Le Tavriya peut compter sur l'appui indéfectible d'un public chaud comme une bouillotte. « J'ai vu les images de leur qualification au 2e tour face aux Moldaves, confie d'ailleurs Guy Lacombe. Ce sera chaud, très chaud. Il faudra être très solides dans notre surface. »C'est certain, les Ukrainiens ne lâcheront rien et leur pression sera permanente. Un but d'avance pour Rennes, c'est beaucoup mais aussi tellement peu.
Ph. P.
Ouest-France