La Natière fait le ménage, le musée aussi
Beaucoup de soin autour des objets immergés et protégés du contact extérieur par des bâches noires, sous la surveillance de Jean-Philippe Roze, du musée, et de l'envoyée spéciale d'Arc'Nucléart.
Le musée de Saint-Malo prépare l'avenir tout en préservant le passé. De nombreuses piècesdu patrimoine malouin partent en traitement à Grenoble et Nantes.
Quelque 360 objets remontés entre 2005 et 2007 du site archéologique sous-marin de la Natière vont bénéficier de soins attentifs chez Arc Nucléart, à Grenoble ; plus une cinquantaine d'autres chez Arc'Antique à Nantes. Les premiers sont des pièces de bois humide, des cordages, des textiles, cuivres, et chanvres. Les seconds sont du verre, des métaux et des concrétions.
Chacun des laboratoires, hautement spécialisés dans le traitement des objets contre la corrosion au contact de l'air, fera le nécessaire au fur et à mesure des financements (le matériel sera stocké en chambres froides). Auparavant à Saint-Malo pour empêcher qu'ils ne se détruisent au contact de l'air, on les avait conservés dans des bacs d'eau douce additionnée de biocide. Ils étaient discrètement stockés dans un local de la zone industrielle nord.
Jean-Philippe Roze prépare les futures collections. « Parallèlement nous allons procéder à une remise à plat des collections historiques du musée. On ne peut pas se permettre de mettre des pièces infectées en présence avec les objets de la Natière. Une cinquantaine de pièces maîtresses vont donc recevoir des traitements de stabilisation et contre les insectes. » Certaines comme la figure de proue sont là depuis trente ans, ou comme les globes terrestre et céleste.
Cette phase de transition devrait durer jusque vers 2009, tandis que par ailleurs il faudra choisir vers la rentrée de septembre un « programmiste » parmi cinq candidats qui sera chargé de mettre en musique le projet d'un Musée de l'Histoire maritime.
A noter par ailleurs qu'une centaine de petits objets fragmentaires ramenés de La Natière vont retourner sur le site, soigneusement emballés dans du géotextile. « Les archéologues les ont dessinés et étudiés, mais on ne les conserve pas car ils ne sont pas assez parlants. » Pour autant, ils respectent ce patrimoine, et le lèguent aux prochaines générations de chercheurs si l'on rouvre un jour le site de fouille (ce qui est probable, car tout n'a pas été exploité).
Ce qui reste en revanche sur la terre ferme, ce sont les neuf canons de Natière 1. Ils subissent une cure de longue haleine et ont passé avec succès leur quatrième déchloruration en juin. Mais il faudra attendre début 2009 pour les rincer, puis le printemps pour les sabler et juillet afin qu'ils soient enfin parés à être exposés.
Gérard LEBAILLY.
Ì Le patrimoine muséographique de Saint-Malo, ce sont plus de 6000 objets, dont un tiers environ provenant des épaves de La Natière.
Ouest-France