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Charles Ac'h, démineur (dans la cabine), Jean-Michel Arnaud, capitaine de vaisseau, chargé de la sécurité pyrotechnique, Patrick Bizien, responsable du chantier, Pascal Guiganton, démineur, et Gérard Le Hir, démineur. : Ouest-FranceL'île de Cézembre est un véritable petit paradis pour les Malouins. La seule plage orientée au sud, à un quart d'heure seulement du port de Saint-Malo. Ce que l'on sait moins, c'est que la belle a reçu 20 000 bombes durant la Seconde Guerre mondiale.
On y trouve aussi des mines anti-personnelles et anti-chars, des obus d'artillerie et de mortier et des grenades à main. Un véritable arsenal que le ministère de la Défense a décidé de détruire. Une opération de déminage, entamée le 17 mars, se poursuivra jusqu'au 2 mai.
« Le ministère envisage de céder l'île au Conservatoire du littoral. Il est donc tenu de la dépolluer, indique le capitaine de vaisseau Arnaud, de la Marine nationale, attributaire de l'île. L'île a déjà été scindée en deux : d'un côté une zone militaire interdite au public, qu'on ne pourra jamais dépolluer. De l'autre, la plage, ouverte à tous, sur laquelle nous travaillons. »
80 obus détruits en deux semaines
Trois démineurs, un chef de chantier et un chargé de la sécurité pyrotechnique ont été affectés sur l'île. Ils sont assistés de trois militaires qui surveillent le site en permanence. Pendant toute la durée de l'opération, la plage est interdite d'accès, ainsi qu'un périmètre d'un kilomètre en mer. Pour travailler, les démineurs utilisent une pelleteuse de 25 tonnes, apportée sur l'île à l'aide d'une barge et d'un remorqueur. Une cartographie de la plage a été réalisée avec des sondes électro-magnétiques pour leur permettre de savoir où creuser.
« Lorsque nous en trouvons, nous faisons un fourneau, explique Patrick Bizien, responsable du chantier. Dans un trou de quatre mètres de profondeur environ, on met les petits calibres, puis les plus gros. On recouvre ensuite d'une charge plastique et de sable. »
Les démineurs font exploser en moyenne un fourneau par semaine. Le détonateur est branché sur la ligne de tir (un long fil noir) qui remonte jusque dans l'un des blockhaus situé au nord de l'île. « L'explosion ne peut se faire que lorsque tout le monde est à l'abri ». On vérifie qu'aucun bateau ne s'approche de l'île. Les hommes pénètrent ensuite dans le blockhaus, un par un. Le dernier est Charles Ac'h, l'exploseur, qui procède aux derniers branchements. « Quatre, trois, deux, un ». Le sol et les murs de l'abri bétonné vibrent.
Quelques minutes plus tard, tout le monde est dehors. Sur la plage, l'explosion a fait un large cratère, noirci par les obus détruits. « Ce chantier est compliqué parce que nous allons chercher les munitions jusqu'à six mètres de profondeur », confie Patrick Bizien.
Après deux semaines de présence, les démineurs ont déjà détruit 80 obus. Ils ont également découvert d'importantes pièces de ferrailles, notamment un chaland de débarquement, évacuées de l'île par bateau. Ils leur restent encore deux tiers des deux hectares de la plage à couvrir.
Stéphanie BAZYLAK.
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