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Depuis le lundi 28 avril, les conducteurs de Kéolis Émeraude ont installé leur piquet de grève devant le siège social de la société, dans la zone industrielle sud. « Notre mouvement va certainement encore durer toute la semaine. » Ce qui commence à agacer certains maires car les lignes touchées concernent le transport des scolaires et des usagers des communes périphériques de Rennes, Fougères, Pontorson et Saint-Malo. « 80 % du parc ne roule plus », affirme Serge Goudé. Seul un service minimum est assuré sur les lignes périphériques 10, 11 et 12, entre Saint-Malo, Cancale, Hirel, La Fresnais et Saint-Père. Et sur les 140 conducteurs, 85 % des temps complets et 50 % des temps partiels ont cessé le travail depuis le 28 avril. Ils ne restent cependant pas inactifs.
680 000 € de bénéfices
Mardi dernier, environ 70 chauffeurs de bus ont défilé de Marville à la mairie, où la délégation espérait rencontrer le maire, René Couanau.
Absent, le vice-président de l'agglomération, en charge des transports les a alors reçus vendredi après-midi. « Il ne peut pas jouer le rôle de médiateur, mais il espère une sortie de crise rapide. Il est conscient que le mouvement pénalise les usagers, surtout les scolaires », commente Serge Goudé, qui a été reçu le même jour par René Bernard, le maire de Saint-Méloir-des-Ondes. Mercredi, les grévistes défilaient à Cancale. Avant de rediscuter vendredi et hier matin, avec Marie Murot, la directrice de Kéolis Émeraude.
« Je leur ai proposé un contrat d'intéressement sur les résultats de l'entreprise. Soit entre 250 et 300 € par an. Et la création d'une prime de 3,24 € à chaque changement de planning effectué. Prévenu alors la veille pour le lendemain, le conducteur peut refuser », explique la directrice qui dit avoir atteint « les limites de ce que je pouvais faire. Par rapport aux réseaux interurbains, nos accords sont au-dessus des autres. Je ne veux pas entrer dans une surenchère. D'autant plus que nous devons rester compétitifs par rapport à notre environnement. »
Des propositions qui ne satisfont pas les salariés. « En revenant sur l'augmentation du taux horaire à 4 % et non plus 5 %, et en acceptant que nos coupures de travail soient en partie seulement réglées, nous faisions un compromis, reprend Serge Goudé. Alors que la société a réalisé l'an dernier 680 000 € de bénéfices. Cette politique est liée au groupe et pas par manque d'argent. La prime à l'intéressement est elle, complètement aléatoire. Ce qui est valable pour 2008 ne le sera pas forcément pour 2009. Quant à la prime des 3,24 € à chaque imprévu, elle existe déjà par convention mais elle n'était pas donnée. Après deux mois et demi de discussions, rien n'a avancé. Nous continuons le mouvement. »
Nadine PARIS.