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Pour les commerçants de l'intra, le remplissage du petit train est un baromètre annonciateur de clientèle. Dix-huit mètres de long, et plus étroit qu'une voiture, il fait son circuit d'un peu plus de trois kilomètres, près d'une dizaine de fois par jour en moyenne, et ceci près de 250 jours par an. Le petit train de Georges et Fabienne Moreau a ainsi transporté un bon million de touristes. Il raconte inlassablement la glorieuse histoire de la cité corsaire, traduite en plusieurs langues.
La petite entreprise emploie cinq personnes, et ne ferme que dix jours par an, en février, ayant à gérer un volume important de réservations. « Nous avons beaucoup de groupes - 300 par an - notamment des personnes âgées via les associations et les autocaristes, plus les sorties scolaires, et quelques comités d'entreprises, un créneau que nous souhaitons développer ».
L'idée de lancer une telle activité est venue en août 87 à Georges Moreau qui était sous-directeur d'un restaurant à Montmartre, en voyant un petit train y circuler. Son épouse, elle-même chef de réception d'un hôtel à Versailles avait le mal du pays.
Mais avant de valider le projet (en mai 88), il fallut vaincre quelques résistances et franchir les obstacles administratifs. Même aujourd'hui, il faut renouveler tous les ans le contrôle technique, et posséder un permis de transport en commun (plus de neuf personnes transportées). « Il y a sept ans, nous avons dû abandonner la descente Vauban (vers l'ancien petit aquarium) à cause d'une nouvelle législation classifiant les véhicules selon les pourcentages de pente à parcourir. »
Aujourd'hui, on dénombre en France pas moins de 400 petits trains de ce type. La Ville de Saint-Malo s'est elle-même inspirée de cet original moyen de locomotion pour assurer une collecte régulière des cartons.
L'investissement n'est pas mince : 150 000 €, voire 200 000 € si l'on veut rajouter quelques options de confort. Il n'est par exemple pas économiquement envisageable d'avoir un wagon spécialement aménagé pour les personnes handicapées. « Mais on s'arrange avec les collègues des cabanes à glaces », précise Mme Moreau. Problèmes parfois rencontrés : « Les grosses poussettes d'enfants. Et les gros chiens : mais on s'arrange toujours. »
Une anecdote pour finir : « Un jour, à nos débuts, un Américain nous a demandé de lui affréter le train pour lui tout seul, avec sa femme. On était gênés de refuser d'autant qu'on sentait que c'était un fantasme auquel il tenait. Lorsqu'il a sorti un gros billet de banque, nous avons accepté. Mais ça ne se renouvellera pas. »
Gérard LEBAILLY.
ÌEmbarquement gratuit devant la porte Saint-Vincent ce samedi et dimanche (environ 30 minutes le circuit), de 10 h à 18 h. Lundi, ce sera le tour des scolaires le matin, et des associations l'après-midi. Des jeunes de BTS tourisme de la Providence prêtent leur concours.
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