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Etonnants Voyageurs 2007

Édition du dimanche 27 mai 2007

Le salon n°1 après Paris

Saint-Malo est le plus grand festival littéraire de France, en dehors du Salon du livre de Paris. 50 000 visiteurs s'y pressent chaque année. Il est né en 1990 de la rencontre imprévue entre Michel Le Bris, philosophe venu du gauchisme, et le maire de la ville, René Couanau (UMP). L'aventure dure, sans heurts, depuis dix-sept ans.

Etonnants Voyageurs, la formule est tirée d'un poème de Baudelaire « Etonnants voyageurs. Quelles nobles histoires nous lisons dans vos yeux profonds comme des mers... »

Le Festival tourne le dos au parisianisme. En promouvant une littérature « ouverte sur le monde », il a eu un rôle historique de défricheur. Les livres étrangers traduits font désormais en France jeu égal avec la littérature française.

Saint-Malo, c'est une tribu amicale d'écrivains: des personnages comme Coloane, Bouvier, Lacarrière ou Théodore Monod, compagnons aujourd'hui décédés. Ou encore les 44 écrivains signataires de la Convention de Saint-Malo pour une « littérature-monde en français », parmi les meilleurs d'aujourd'hui.

Originalité du festival : la rencontre vivante avec des centaines d'écrivains qui ne sont pas seulement là comme potiches derrière leurs livres, mais participent à des dizaines de débats aux quatre coins de la ville.

Le succès est tel, qu'il faut parfois piétiner pour atteindre les auteurs. Heureusement, cette année le festival agrandit son aire, avec de nouveaux lieux, comme l'école de la Marine marchande.

Est-ce l'âme aventurière de Saint-Malo, son passé corsaire ouvert sur le large ? L'alchimie fonctionne : les visiteurs passent sans transition de la plage ou du tombeau de Chateaubriand sur son rocher, aux écrivains bien vivants à quelques mètres de là. C'est comme une énorme vacance, avec une parfaite adéquation entre la mer, l'imaginaire et les livres.

Georges GUITTON.

Ouest-France

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