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Un problème à l'origine de la réflexion de Jean-Pierre Guillaume, directeur des deux enseignes Intermarché, à La Découverte et à Rocabey. « Le week-end, en été, il peut y avoir jusqu'à 20 minutes d'attente en caisse. Et nous utilisons pourtant toutes nos caisses, y compris celle de la réception, au détriment de l'accueil. »
L'idée des caisses automatiques est donc de désengorger les files d'attente, en s'adressant aux clients qui n'ont pas beaucoup d'achats.Ceux qui n'ont qu'un panier pourront donc, s'ils le souhaitent, scanner leurs achats par eux-mêmes. Pas seulement avec une « scanette », ce petit appareil que l'on tient à la main en faisant ses courses, mais en se dirigeant directement vers une caisse en libre-service.
Le client est roi. Mais Jean-Pierre Guillaume se défend de toute menace sur l'emploi des caissières. « Une assistante sera toujours nécessaire pour accompagner le client aux caisses automatiques. Au moins une pour deux machines. En revanche, le métier change. »
« L'envers du décor » pour les clients
Ce que confirment Sandra et Daphné, caissières en formation jeudi et vendredi. « Ce sera moins de la manutention, c'est plus valorisant pour nous. »L'assistante de caisse a davantage l'impression de rendre service. Elle n'intervient que sur demande du client. Et puis il n'y a plus la séparation physique du tapis. De plus, pour Daphné, « les clients voient l'envers du décor, en se mettant un peu à notre place. »
Reste à savoir si le système séduira les clients. Il a déjà été mis en place depuis un an, dans trois supermarchés de la même chaîne, à Rennes, Nantes et Paris, avec une moyenne de 200 clients quotidiens par caisse automatique.
Pour Henri, 63 ans, un client, « c'est bien si on peut gagner du temps. » Mais il est quelque peu refroidi par l'informatique. Tout comme Etienne, qui se dit prêt « à essayer au moins un coup. Si je vois que ça m'énerve, j'arrêterai. »
Jean-Pierre Guillaume rappelle cependant que les caisses « parlent en français et en anglais, et que les écrans sont tactiles. J'ai vu une femme de 70 ans taper sur l'écran très facilement. Je pouvais l'embaucher tout de suite comme hôtesse. »
Finalement, pour Marine, une autre assistante de caisse, et à l'approche du Tour de France, « il suffit d'un temps d'adaptation, comme pour le vélo ».
Joseph BANCAUD.