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En l'absence de vent, les 800 fans de glisse venus du monde entier se sont retrouvés sur la plage de Gruissan (Aude) pour une grande fête collective. Les Malouins du Surf School n'ont pas regretté l'ambiance... 15 kilomètres de plage
Imaginez le décor : quinze kilomètres de plage bordée de contreforts caillouteux parsemés de vigne et Gruissan (4 500 habitants l'hiver, 80 000 touristes l'été), une cité ocre et basse à l'architecture moderne, nichée dans l'exotique végétation méditerranéenne, dotée d'une superbe marina remplie de bateaux pour plaisanciers friqués.
Sur un vaste parking poussiéreux, des centaines de vans, minibus, et camping-car débordent de matériel. Un déballage monstrueux, chacun des 800 compétiteurs ayant emmené au moins deux flotteurs et trois gréements complets pour s'adapter à la météo, réputée musclée. La soixantaine de pro, et les cent cinquante semi-pros super-équipés sont bien entendu au-dessus du lot.
Les petits jeunes du surf school louchent avec envie sur leur « matos » qui vaut des fortunes, et vers les vedettes de ce sport qu'ils côtoient enfin, au lieu simplement d'admirer leurs exploits dans les revues spécialisées. Il y a là à la fois Antoine Albeau, un colosse imbattable qui détient le record du monde vitesse, ou encore l'Américain Jim Drake, qui eut l'heureuse idée d'inventer la planche à voile il y a une quarantaine d'années, à la veille de 68 (lire Dimanche Ouest-France d'hier).
L'absence du vent a entraîné d'interminables attentes, toujours avec l'espoir d'un ultime miracle, chacun s'occupant dans des préparatifs fébriles pour le départ. Le soleil cogne et les peaux rougissent. On tue le temps en jouant au volley ou en ramant sur des planches plus ou moins improvisées en paddle. Le champion du monde brésilien de vagues Seadi Kauli fait une apparition remarquée en sautant d'hélico à une dizaine de mètres au-dessus de l'eau. Une photo géante des participants dessinant le chiffre 800 est organisée sur la plage.
Des concerts enflamment les soirées. Dix mille canettes de bières sont distribuées. Un barbecue géant brasse les générations. Des films de glisse sont projetés. Des planches et d'autres lots sont tirés au sort.
Des coureurs et des shapeurs parlent de leur activité. Bref, on s'occupe, en se disant que du vent, il y en aura la prochaine fois. Pas de chance quand même : il paraît que la brise souffle 300 jours par an à Gruissan...
Vivement le retour sur le Sillon pour de grands bords de planning. Cette aventure collective restera un bon souvenir, enrichie d'une valeur indispensable pour le marin : la patience...
Gérard LEBAILLY.