Édition du dimanche 27 mai 2007
Neil Bissoondath : « Les romans français sont trop intellectuels »
« J'écris des articles et des conférences en français. J'enseigne la création littéraire à l'université de Laval. Je vis à Québec. Mais mes livres sont en anglais. Tout simplement parce que les personnages continuent à me parler dans cette langue-là. Mais je regrette que la littérature française ait perdu sa place dans le monde, surtout les romans. Ils sont trop intellectuels. Ils atteignent la tête mais pas le coeur. L'ouverture sur le monde, qui est la spécificité du festival, pourrait aider la littérature française à retrouver l'expression de la vie humaine. J'aimerai voir dans chaque roman un monde complet. La langue, la culture, l'émotion, l'intelligence. C'est tout cela que devrait informer la littérature française. Le livre de Jonathan Littel, « Les Bienveillantes », est dans ce sens remarquable. Il contient tout : l'histoire, l'être humain avec toutes ses contradictions, la haine, le sang. Tout est là. »
Ouest-France