Transat : deux Malouins naviguent en tête
« La Crêpe » (alias Crêpe Whaou II) et le « baron rouge » (Franck-Yves Escoffier) sont en train de se faire la belle après Saint-Pierre et Miquelon. Derrière : 26 équipages à la peine... Par ailleurs, les multicoques de cinquante pieds disputeront le trophée Malo à Saint-Malo du 29 au 31 août.
Hier à 17 h heure française, cela faisait cinq jours que les 27 équipages de la Québec-Saint-Malo enduraient une météo détestable avant d'aborder l'Atlantique.
Une route à l'aller avec des vents contraires et forts, dans une mer formée. Et au retour, c'est pire : les concurrents de la Transat ont encore à tirer des bords pour s'extirper dans le courants d'un fleuve Saint-Laurent brumeux, piégeux, froid, et pétoleux. Galère qu'ils ne sont pas prêts d'oublier !
Il n'y en a qu'un pour qui le soleil brille (...mais c'est dans la tête, car lui aussi navigue au radar pour éviter les cargos) : le leader Franck-Yves Escoffier, rebaptisé « le baron rouge » par ses poursuivants enragés. Les hommes de Crêpe Whaou II ont même eu le bonheur très rare d'apercevoir Saint-Pierre et Miquelon jeudi à 19 h, avec vingt milles de visibilité, et surtout... 24 heures d'avance sur Laiterie de Saint-Malo. Il lui reste un peu moins de 2 000 milles à faire.
« On ne mérite pas ça car on est au taquet de chez taquet », proteste Victorien Erussard qui espérait hier soir toucher enfin 15 à 20 noeuds de vent portant (favorable) dans l'Atlantique. Mais il craignait auparavant d'être rattrapé par Pierre Antoine (Imagine). Pour compenser son lourd handicap de 214 milles, il espère que la Manche lui offrira une opportunité météo, sinon...
« En rondelle de citron »
En Class 40, Jean-Edouard Criquioche (L'esprit Large) décrit avec humour l'actuelle ambiance mouillée-salée-secouée des bateaux : « On se fait gifler toutes les 15 secondes (par les vagues), à l'intérieur du bateau, on est transformé en rondelle de citron au bon milieu d'un shaker... »
Même s'il était un peu tôt hier matin pour projeter une date d'arrivée, les estimations tournaient autour du 3 août (au lieu du 28 ou 29 juillet) pour le premier trimaran et du 17 pour le dernier. Pour les monocoques de 12 m, on situait les échéances entre le 8 et le 12 août, et pour les autres monocoques plus gros entre le 4 et le 14, voire plus pour Denis Douillez (Saint-Malo Team) qui vient tout juste de réparer son rail d'écoute de grand-voile. Il dit avoir reçu un accueil et une aide formidable du petit port de Matane, en Gaspésie.
Gérard LEBAILLY.
Ouest-France