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« C'est une histoire qui fait froid dans le dos », déclare la procureure Christelle Dauvilliers, « une histoire qui aurait très bien pu se terminer devant les assises. » Le prévenu, Didier, 46 ans, alcoolique chronique, n'est poursuivi que pour violence avec arme ayant entraîné 13 jours d'arrêt médical pour la victime, son ex-compagne. Au début de l'enquête, il avait été placé en détention provisoire pendant près de quatre mois sous le chef de tentative d'homicide.
« C'est une affaire ahurissante, » considère l'avocate de la femme, qui avait été attirée dans un véritable guet-apens. Car si elle s'est rendue un funeste soir chez son ancien compagnon, c'est parce qu'elle pensait qu'un tiers ami, en qui elle avait confiance, serait là.
En fait, elle se retrouve seule face à son tortionnaire, qui en seulement trois mois de liaison l'avait déjà copieusement battue. Mais cette fois, il n'y a pas que les claques et les coups de savate ou de gamelle du chien, mais... deux couteaux.
Elle réussit à le désarmer du premier, mais avec le second, il la frappe dans le dos, à trois ou quatre centimètres de profondeur, lui occasionnant un pneumothorax, blessure dont les conséquences devront être appréciées sur le long terme.
La procureure souligne qu'il est rare de voir un rapport de médecin légiste détailler sur deux pages les lésions constatées, de la tête aux pieds, y compris avec des traces de strangulation et de morsure. Le lendemain, lorsque la police vient l'interpeller, l'homme a encore 1 g d'alcoolémie.
Il ne fait pas de doute que la femme buvait parfois elle aussi, et il est possible qu'elle l'ait blessé au biceps en se défendant. « Mais elle en avait bien le droit », plaide son conseil en précisant que « la victime avait même dû se coucher à côté de son bourreau pour attendre qu'il s'endorme, avant de pouvoir s'enfuir jusqu'à l'hôpital. »
La défense plaide qu'il n'y a eu aucune préméditation, estimant que les dénis de culpabilité de son client sont au contraire la preuve qu'il a conscience et honte de la gravité de ses actes. L'homme prétend que la femme aurait été blessée accidentellement alors qu'il aurait voulu la désarmer. Le président Fontaine lui fait remarquer qu'il a antérieurement été condamné pour destruction par matière dangereuse au domicile de la même personne.
Le tribunal prononce une peine de trois ans de prison dont deux ans ferme, (le ministère public réclamait quatre ans de la même peine), plus une année sous le bénéfice du sursis mise à l'épreuve. Durant un délai de deux ans, le prévenu devra donc suivre des soins, et indemniser la victime et la caisse d'assurance-maladie au terme d'une expertise médicale.
Gérard LEBAILLY.
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