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Danyèl Waro, tête d'affiche du festival : « Ce qui m'intéresse, c'est d'attraper les gens pour un chemin d'émotion, sans trop d'artifices. Ce que permet ce festival. » C'est également la façon dont Danyèl Waro aime à se définir. Tête d'affiche cette année, l'artiste réunionnais, qui a oeuvré pour la redécouverte de la culture de l'île par ses habitants, apprécie ce festival à taille humaine. « Les grands festivals, c'est un peu l'usine, sourit-il. La rencontre avec le public est de meilleure qualité lorsqu'on joue dans un lieu plus petit. Sur scène, on ne fait qu'un avec le public et les musiciens. On bénéficie d'une intimité sans artifices. »
Une belle histoire avec les Bretons
Et puis il y a la rencontre avec le public. Un point d'honneur du festival cette année. Chaque jour, les spectateurs peuvent rencontrer les différents groupes près du château. Un moment précieux pour Danyèl Waro : « J'aime parler, faire ressentir les choses autrement que par la musique. »
L'artiste militant, qui interprète sur scène la maloya, une musique longtemps dénigrée à la Réunion, peut ainsi livrer ses idées sur l'état du monde. « On n'en reste pas au côté un peu « consommation » du concert, même si bien sûr, on a besoin de ces moments d'émotion sur scène. »
Celui qui vient de subir 11 heures d'avion pour se retrouver sous les averses bretonnes s'adapte au décor. Coupe-vent sur le dos, il s'enthousiasme : « Jouer dans un tel lieu, c'est génial. L'architecture est superbe, on sent qu'une grande histoire est là. En plus, pour moi, c'est exotique ! » Pourtant, le musicien rebelle connaît la Bretagne depuis longtemps. Lorsqu'il a refusé d'effectuer son service militaire, il a été emprisonné à la prison de Rennes pendant 21 mois. « Mon histoire avec le public breton est particulière... Au final, c'est une belle histoire. »
Géraldine HOUDAYER.